Le secteur porcin familial du Zimbabwe enregistre des progrès significatifs depuis l’introduction de génétiques améliorées. Grâce au programme d’amélioration génétique lancé en 2025, les producteurs ont augmenté de 50 % le nombre de porcs commercialisés par truie et par cycle, passant de 10 à 15 animaux. Plus de 100 éleveurs ont importé plus de 700 cochettes et verrats, ce qui a permis d’améliorer la productivité et l’efficacité des élevages.
Selon Tapiwa Evans Takawira, président de la Premier Agriculture Cooperative (PAC), les producteurs commercialisent désormais en moyenne 30 porcs charcutiers par truie et par an, contre 20 auparavant. L’âge moyen à l’abattage a également diminué, passant de 183 à 137 jours, tout en maintenant un poids minimal de carcasse froide de 62 kg. Ces résultats sont attribués à une meilleure efficacité alimentaire et à l’utilisation de verrats terminaux de haute valeur génétique, qui ont amélioré les performances des carcasses tout en réduisant les coûts de production.

La coopérative a salué le soutien du gouvernement, du Pig Industry Board et des services vétérinaires, notamment pour les protocoles d’importation, les installations de quarantaine, les mesures de biosécurité, les inspections sanitaires et la formation des éleveurs. La PAC plaide également pour la création de centres de sélection agréés, d’abattoirs décentralisés et pour une réduction des frais d’abattage.
L’ensemble de la filière porcine zimbabwéenne affiche une croissance soutenue. Selon le rapport Crops, Livestock and Fisheries Assessment (CLAFA 2) 2025/26, le nombre de porcs abattus dans les abattoirs agréés a augmenté de 9,6 %, atteignant 264 952 têtes. Les porcs charcutiers représentent la plus grande part des abattages, témoignant d’une forte demande du marché.
La filière bénéficie également à l’industrie de l’alimentation animale. La production d’aliments pour porcs a atteint 95 119 tonnes en 2025, soit 9 % de la production totale d’aliments pour le bétail et une hausse de 13 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, l’alimentation représente encore entre 60 % et 70 % des coûts de production, ce qui fait de la production locale d’aliments une priorité stratégique.
Dans sa stratégie de transformation des systèmes alimentaires et ruraux 2026-2030, le Zimbabwe identifie la production porcine comme un important levier de croissance. La production nationale de viande porcine devrait passer de 25 000 à 36 000 tonnes d’ici 2030/31, tandis que le cheptel de truies augmenterait de 153 773 à 256 406 têtes. La filière devrait contribuer à hauteur de 85 millions de dollars US à l’économie en 2025/26, puis 104 millions de dollars US en 2030/31.
La stratégie prévoit notamment de renforcer l’accès à une génétique de qualité via des centres de multiplication et d’insémination artificielle, d’améliorer l’accès au financement pour les petits producteurs, de promouvoir une alimentation animale abordable, de renforcer la biosécurité et la surveillance sanitaire, ainsi que de réduire les coûts réglementaires pour les abattoirs. Ces mesures devraient améliorer davantage la productivité, réduire les importations de viande porcine et renforcer la compétitivité des producteurs familiaux du Zimbabwe.
8 juin 2026/Zimbabwe/
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